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DOWLAND - Lute Songs

JOHN DOWLAND
(1563-1626)

Lute Songs

Damien Guillon (contre-ténor)
Éric Bellocq (luth)

ZIG-ZAG TERRITOIRES – ZZT110102


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C’est dans l’acoustique claire et sereine de l’Église évangélique allemande de Paris que le contre-ténor Damien Guillon a choisi d’enregistrer son premier récital. Si la réverbération naturelle de l’édifice religieux du 19e arrondissement ajoute un écho favorable à la voix du chanteur aux timbres haut perchés, que dire alors de la musique de Dowland, tant celle-ci semble apprécier sa compagnie ? Ainsi, touchées par la grâce, ces « Chansons pour luth » s’imprègnent d’une distinction et d’une mélancolie, voire d’une espièglerie so british – époque fin renaissance –, même si dans le passé, un certain Alfred Deller leur accordait une attention peut-être encore plus poussée. Cela dit, Damien Guillon ne tombe pas dans le piège de la simulation ou du maniérisme, et c’est tant mieux. Tandis que d’autres « manipulent » ces Ayres avec un peu trop de précautions, il ne joue pas systématiquement la carte de la fragilité et de la sensiblerie. Cela étant, sa maîtrise du chant n’en est pas moins bouleversante. En plus d’une grande finesse et d’une grande intelligence, elle dénote une profonde compréhension de l’art de Dowland, Sorrow stay et Flow my tears étant toujours aussi douloureusement beaux. En accord avec le texte, tout en jouant d’une liberté d’ornementation et d’improvisation bien pensée, le luth d’Éric Bellocq déroule un film sonore propice à la création d’une atmosphère à la tristesse vague et douce, dans laquelle on se sent bien. Autant par leur engament que par leurs proportions, le langage et la musique coïncident harmonieusement. Malgré l’extrême dépouillement d’œuvres pour la plupart familières, le plaisir demeure constant d’un bout à l’autre de l’écoute. Dans un tel répertoire, autant dire que ce n’était pas gagné d’avance. Une vision de la musique de Dowland plus humaine qu’angélique. Un très beau disque.

T. HERVÉ - 05/2011