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BACH - Messe en si mineur

JOHANN SEBASTIEN BACH
(1785-1750)

Messe en si mineur BWV 232

Susan Hamilton (soprano)
Cecilia Osmond (soprano)
Margot Oitzinger (alto)
Thomas Hobbs (ténor)
Matthew Brook (basse)
Dunedin Consort & Players
John Butt (direction)

LINN RECORDS - CKD 354 - (2 SACD)


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Enregistrée à de très nombreuses reprises et dans des styles très variés, la Messe en si mineur de Bach fait partie des œuvres suprêmes du répertoire baroque vocal. Aboutissement d’une vie dédiée à la composition – écrite sur plusieurs périodes étalées sur plus d’une vingtaine d’années, Bach la termina peu de temps avant sa mort –, ses dimensions sont tellement généreuses que sa portée s’étend bien au-delà des seules prétentions liturgiques que pourraient lui prêter ceux qui lui sont étrangers. En effet, ici, le génie de son auteur est à la hauteur de l’Être divin auquel il s’adresse. Jusqu’à présent, les mélomanes n’avaient pas eu à se plaindre de son traitement musical, les versions de Philippe Herreweghe (Harmonia Mundi), de Thomas Hengelbrock (DHM) et, plus récemment, de Masaaki Suzuki (Bis) l’ayant, entre autres, chronologiquement attesté. Quant aux obsédés du son, ils restaient un peu sur leur faim, car aucun des enregistrements précités ne dispose d’une qualité de reproduction digne du chef-d’œuvre incarné. Heureusement, comme par magie, le label Linn Records nous sort de son chapeau un enregistrement capable de s’adapter à toutes formes d’exigences, qu’elles soient artistiques ou techniques. Reprenant à son compte, en partie seulement, le concept minimaliste jadis exprimé par Joshua Rifkin (Haenssler), John Butt nous sert une Messe à l’effectif réduit avec la volonté de mettre en avant la transparence de son architecture plutôt que son gigantisme ; moins de poids pour plus de lumière. À moitié luthérienne, à moitié catholique, spirituelle sans être trop solennelle, elle est dotée d’un plateau vocal très convaincant, à défaut d’être impérial. Uni par l’urgence des sentiments, l’orchestre écossais l’est, lui, totalement. Habilement mené, il se décline en une multitude d’épisodes musicaux d’une irrésistible beauté. Assurément, la prise de son est pour beaucoup dans l’impression ressentie à l’écoute de cette version, même si elle dispose de bien d’autres facettes tout aussi brillantes. Éblouissement garanti !

T. HERVÉ - 03/2011