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ERICH WOLFGANG KORNGOLD
(1897-1957)

Symphonie en fa dièse majeur, op. 40
Much ado about nothing, op. 11

Orchestre Philharmonique de Strasbourg
Marc Albrecht (direction)

PENTATONE CLASSICS - PTC 5186373 - (SACD)


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La rédaction de ce commentaire n’est pas pour moi tâche facile. En effet, hormis sa musique hollywoodienne (voir ici), peu de ce qui m’a été donné d’entendre de l’œuvre de Korngold était parvenu, jusqu’à maintenant, à me séduire. Pourtant, débarrassée de tous préjugés, l’audition active de ce disque met en évidence une réelle science de l’orchestration (combinaison des timbres, contraste des textures, équilibre des formes), même si l’on n’atteint pas celle d’un Stravinsky ou encore celle d’un Ravel. Il n’empêche que si le compositeur autrichien ne manifeste aucune difficulté à s’exprimer, la teneur de son discours ne me paraît pas toujours des plus passionnantes. L’exemple d’un enregistrement antérieur de la Symphonie en fa dièse majeur – une pièce rarement jouée – me laisse encore le souvenir d’une musique qui se cherche, tout en dépensant vainement beaucoup d’énergie. Much ado about nothing (beaucoup de bruit pour rien) diront les esprits les plus médisants. Mais voilà, il n’y a pas de grands procès sans de grands avocats ; ce disque en est la preuve. Aussi, autant le dire tout de suite, Marc Albrecht n’est pas un de ces jeunes défenseurs commis d’office. On devine rapidement que pour lui, le compositeur autrichien est un client de longue date. Bénéficiant de la caution philharmonique de l’Orchestre de Strasbourg, le chef ne se ménage pas pour nous présenter sa musique sous son meilleur profil. Incisive, spontanée et pertinente, sa lecture galvanise les musiciens, sans en oublier un seul. Sous sa baguette, les forces vives de l’O.P.S se combinent en un redoutable et surprenant mouvement collectif capable d’amadouer les consciences les plus récalcitrantes. Après plus d’une heure d’une plaidoirie très convaincante, même si ce disque ne parvient pas à effacer la totalité du contentieux qui m’opposait à cette musique, il a au moins le mérite de dissiper quelques précédents « malentendus ». En cela, l’intervention de Marc Albrecht est providentielle. Aux jurés potentiels que vous êtes, je peux assurer que le jeu en vaut largement la chandelle.

T. HERVÉ - 01/2011